Le bouddhisme
Catherine Barry

Siddharta Gautama, qui sera appelé plus tard le Bouddha, l'Eveillé, est né il y a 2500 ans dans le nord de l'Inde. A sa naissance, un ermite fit à son père, chef de la tribu de Gautama, une prédiction annonçant que Siddharta deviendrait soit un grand roi, soit un grand sage. Le père de Siddharta fit tout pour que la royale prophétie se réalise. Le prince reçut à cet effet une éducation à l'écart des problèmes de l'humanité.

Mais lorsque pour la première fois il quitta le palais et rencontra la maladie, la misère, la vieillese et la mort, il décida de quitter les futilités du palais pour partir suivre les enseignements des religieux itinérants.

Pendant 6 ans, il se soumit à l'ascèse la plus totale sans parvenir à un résultat. II décida de s'enfermer dans une grotte et d'y méditer en se nourrissant d'un grain par jour... toujours sans résultat.

Quand il sortit de la grotte, il dut s'adosser à un arbre et là, il entendit un maître de musique expliquer à ses élèves :

"Pour qu'un luth fasse de la bonne musique, il faut qu'il soit bien accordé; si les cordes sont trop lâches, le son est mou, si les cordes sont trop tendues, le son est discordant.
Il faut trouver l'accord juste."

A ces paroles, Siddharta eut une illumination. Il réalisa qu'elles s'appliquaient à son cas: prince, il menait une vie futile, religieux errant, il menait une vie de souffrance inutile. Il comprit que la vérité était dans l'équilibre des forces et découvrit le principe de son enseignement : La Voie du Juste Milieu.

Son enseignement se présente comme une solution au problème de la souffrance de la condition humaine, les "4 nobles vérités".

La première vérité est un diagnostic : tout est souffrance, c'est à dire que tout ce qui existe est potentiellement cause de souffrance, la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort, l'union avec ce que l'on déteste, la séparation d'avec ce que l'on aime, la non satisfaction de nos désirs. Nous sommes tous atteints par "cette maladie" ;

La seconde vérité concerne l'origine de cette maladie : ce qui provoque la souffrance est l'ignorance des 6 émotions perturbatrices fondamentales qui amènent à la douleur : le désir, l'aversion, l'ignorance, l'avidité, la jalousie et l'orgueil.

La troisième vérité concerne la cessation de la souffrance. Chacun doit comprendre que l'on peut guérir et décider de se donner les moyens de le faire.

La quatrième vérité est la voie qui mène à la cessation de la souffrance. Prendre le “traitement” : s'engager sur la voie du juste milieu.

Une nouvelle vie commença pour lui. Un ministère public qui dura 45 ans où il enseigna le Noble Chemin, composé de huit préceptes qui peuvent nous servir encore aujourd'hui. : la vision juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, les moyens d'existence justes, l'effort juste, l'attention et la méditation juste.

Il mourut à 80 ans : une nouvelle philosophie était née. Elle ne suscita jamais de guerre.

L'enseignement du Bouddha

Nos préjugés, nos concepts, nos attitudes, nos pensées, nos convictions, nos certitudes, nos blocages, sont inscrits en nous à partir de nos émotions.

Pour les bouddhistes, ces émotions remontent parfois très loin dans le passé, dans l'enfance, dans des vies antérieures, etc….

Quelles soient, positives ou négatives, elles déforment le réel au point de faire que nous vivons, chacun, dans un monde qui nous est propre, sans réelle communication avec ceux et celles qui nous entourent.

Accéder à une connaissance de soi, des autres, à la réalité et progresser sur un chemin spirituel, suppose, dans un premier temps, de maîtriser ses émotions.

Dans un second temps, la maîtrise des émotions permet de développer " la Vue Juste " et de découvrir ce que les bouddhistes appellent " la Véritable Nature de l'Esprit".

Cela signifie d'abord que le travail que tu vas devoir effectuer repose sur une base précise : l'Esprit.

Pour commencer, tu vas devoir te demander : "Qui suis je ?"

Qui est le "je", le "moi", qui va réaliser ce travail ?
Pour que les "exercices" soient efficaces il ne faut pas perdre de vue que le "je" est constitué, A LA FOIS, du corps et de l'Esprit.

Points importants :

Pour Soghial Rimpoché, un des problèmes majeurs des occidentaux est de ne pas s'aimer, de ne pas avoir confiance en eux, de se dévaloriser en permanence.

A l'origine de ce trouble : le manque d'amour, que ce manque d'amour soit réel ou ressenti comme tel. Il pousse chacun de nous à destructurer son ego.

Paradoxalement, c'est parce que l'égo n'est pas structuré, ni véritablement construit, qu'il prend une place excessive : il tente de donner à l'individu la sensation d'exister !

Il ne sera pas question de lutter contre ton égo : cela conduirait à multiplier ses mécanismes de défense et à le "sur-dimensionner". Il faut seulement lui redonner la place qui lui revient.

L'une des caractéristiques de l'égo est "la saisie".

Plus l'égo est mal bâti, plus les phénomènes de saisies (posséder, s'identifier à ce que l'on possède) sont importants, car l'individu-égo n'existe qu'à travers ce qu'il saisit.

Ce que tu vas devoir apprendre, c'est le détachement qui est le fait d'un égo "équilibré" : cet égo n'a plus besoin de compenser des troubles émotionnels par le fait de posséder, de saisir, etc.

Il s'agit donc de modifier sa manière de se positionner par rapport à soi et au monde.

Le regard change de place : on passe d'un point de vue extérieur à un point de vue intérieur.

Il te faudra apprendre à développer ta concentration et pour cela t'initier à la méditation.

Il te faudra apprendre à faire le vide; tu ne pourras t'ouvrir que lorsque tu n'auras plus peur de " te perdre ".

Avant de commencer ton initiation:

NE PAS OUBLIER :

1- De ne pas juger ce que tu es. Il n'y a pas de culpabilité à avoir. Progresser sur cette voie, suppose que tu t'acceptes tel que tu es avec toutes tes qualités ET tes défauts.

Le travail va s'effectuer sur tes émotions, sur ton esprit. Mais il va se faire par étapes dans la non-violence vis à vis de toi-même et des autres.

2- De ne pas te mentir : humilité et honnêteté sont deux qualités de base essentielles.

3- D'être le plus vigilant possible à ce qui va se passer en toi.

4- De développer la patience : Il n'existe pas de recettes " magiques " pour sortir de la souffrance. Il s'agit d'un apprentissage et celui-ci, comme tous les apprentissages, demande du temps.

5- De ne pas te comparer aux autres.

6- Que ton corps et ton esprit sont liés en permanence et que les symptômes physiques ne font que refléter les troubles émotionnels.

Chaque trouble somatique peut donc être une indication. Il faut essayer d'être attentif aux messages de ton corps et essayer de " remonter " à leur source.

7- Que TOUT est IMPERMANENT.

Nous pouvons mourir à tout moment. Plus fondamentalement, la vie est mouvement. L'idée que nous sommes des individus “définitifs”, est aussi fausse que des “arrêts sur image” : nous sommes un film qui ne cesse de bouger !

Pour un bouddhiste, il est essentiel de tout faire, instant après instant, pour se préparer à la mort et pour se donner les moyens de renaître dans de bonnes conditions.

8- Que RIEN N'A D'EXISTENCE EN SOI
Il ne sert à rien de t'attacher à ce que tu es dans le moment, de t'attacher même au “soi” que tu sens en toi … Notre soi est illusoire, il n'a pas d'existence propre, il est impermanent.

9- Qu'aucun Dieu créateur n'existe dans le bouddhisme...
TU n'en es que plus RESPONSABLE de chacun de tes actes, paroles et pensées.

10-Que tout Éveil véritable, toute progression passe par TA PROPRE expérience. Rien ne doit t'être imposé de l'extérieur mais compris de l'intérieur.